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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 15:09

(en réaction à : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/avez-vous-deja-connu-la-violence-scolaire_847373.html#xtor=AL-447)

Comme professeur suppléant entre 1992 et 2009, j'ai souvent connu la violence scolaire.

Aujourd'hui il s'en parle car cela va dans le sens de la contestation contre le gouvernement sur fond de campagne électorale; mais à chaque fois où j'ai été confronté à ce problème, l'administration de l'éducation nationale ou des établissements privés (qui sont bien égaux à cet égart) ont dans les faits encouragés les élèves concernés par des accès de violence en classe ou dans les abords de ces établissements, car impunis, avec le consentement des parents et des collègues.


Quelques exemples :
A Toulouse, établissement de la fédération de la coiffure: quatre pneux dégonflés; une autre fois, j'ai même été giflé par une élève pourrie par l'impunité;

A Gourdan Polignan (près de St Gaudens), alors que je signalais des événements de ce type en conseil de classe, je me retrouvais à me faire remonter les bretelles par le proviseur.

A Rodez, dans la cité technique, alors que j'enlevais en classe un couteau à un élève pour le remettre au conseiller d'éducation, je me suis fait remonter les bretelles pour une colle donnée au prétexte que je devais tenir ma classe! La colle ne s'est pas produite comme je l'espérais. Une autre fois, le même élève m’attrapait au col pour une mauvaise note sur un travail qu’il n’avait pas fait.

A St Priest (Rhône), alors qu'en conseil de classe ou en réunion de professeurs, je signalais la présence de trafic de drogue dans certains couloirs, et que je constatais dans le comportement des élèves, je me suis fait remonter les bretelles par le chef d'établissement qui m’a empêché d’être titularisé, par contre lui a été promu.

... sans parler des fois où j’ai été insulté par les élèves…

En Isère, un élève qui refusait systématiquement de travailler et perturbait la classe et que j'avais mis dehors après tous les avertissements d'usage, a pénétré de force dans la classe, forçant son passage sur ma personne! Resultat: mon contrat n'a pas été reconduit!

Dans l'Ain, dans un établissement spécialisé pour adolescent violents et désaxé (ITEP), j'ai eu plusieurs fois des altercations violentes avec des élèves, jusqu'à me retrouvé à l'hôpital à cause d'un coup de poing au plexus solaire qui m'a paralysé pour plusieurs mois fêlant une côte; après quoi j'ai été licencié abusivement.

Dans le Cantal, alors que je faisais sortir deux élèves en furie, un jour de grève, dans un établissement de l'éducation nationale à pédagogie nouvelle, c'est moi qui me suis retrouvé sous le coup d'une plainte pour violence sur mineur, suspendu puis licencié bien que la "plainte" abusive ne soit classée. Cet établissement a été fermé entre temps.

A chaque fois l'impunité totale pour les responsables, des faits, mais aussi pour les irresponsables de l'administration incapable de traiter les problèmes de discipline autrement qu'en s'attaquant à l'enseignant qui fait son travail. Surtout montrons une bonne image des établissements quels qu'ils soient ; le professeur "bouche-trou" peut bien sauter quant à lui à chaque fois !

Il faudrait que les syndicats d’enseignants se préoccupent un peu plus des conditions de l’exercice, pas forcément pour ceux qui sont titulaires et proches de la retraite, à rognier quelques points, mais aussi pour ceux qui ont été tenté de les remplacer ! Le corps des enseignants remplaçants est une nécessité qu'il faut reconnâitre par un vrai statut, tenant compte de la formation polyvalente et de la précarité.

Le nombre de "pions" dans un établissement n'est pas le nœud du problème de la violence; de toute façon, ils n'ont rien à faire en salle de classe où l'enseignant doit être respecté. Ni les systèmes de vidéosurveillance/protection qui ne feront que déplacer le problème dans des endroits encore plus obscurs et incontrôlés. Chaque solution générant un budget ne sert à rien si on prétexte que ce sont les conditions de scolarité ou l'origine sociale qui sont en cause. Que les élèves se tiennent tranquilles, et nous verrons si on peut passer du temps pour compléter leurs lacunes ou leur compréhension... C'est un problème d'éducation, voire de santé chez de nombreux élèves.

Or l'éducation aujourd'hui, c'est la rue, la télé (que fait le CSA ?), la vidéo, l'internet, et toute culture violente qui remplace les parents que la situation sociale met dans l'incapacité de cristalliser une éducation responsable; tant on les déresponsabilise, quand bien même ils ont eu la chance d'avoir assez d'éducation pour envisager de la faire prospérer dans leur progéniture.

La seule vraie solution est de redonner les moyens aux parents de faire leur devoir d’éducation, et de les soutenir dans cette fonction ; ainsi que maintenir les familles quand c’est encore possible, même en cas de séparation. Le système actuel au contraire préfère accélérer les ruptures (institutions et associations séxistes, pseudomédiations, (in)justice, police ou gendarmerie inadaptée, politique clientéliste...). La question de la culture méditerranéenne où la femme devrait rester au foyer est effective dans la Justice familiale actuelle, en dépit des apparences où dominerait « le patriarcat » ; les néo-féministes (et leur cour) ne sont pas logiques. Quand les hommes proposent de participer aux tâches éducatives, ils se retrouvent bien souvent dans le déni d’autorité parentale et la fracture familiale. La redistribution des rôles ne concerne pas seulement la serpière ou les queues de casseroles qui restent cachées dans les ornières de la cuisine.

 

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Publié par Nicolas Sègerie Réseau Colin Bagnard - dans REACTIONS
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commentaires

342républiquedesclans5521 21/03/2017 18:52

Quand les voyous estiment pouvoir faire usage de la violence en lieu et place de l'Etat (seul dépositaire de la violence légitime)le nécessaire travail d'éducation & d’enseignement ne peut plus être réalisé.Il reste alors quelque chose qui s'apparente à la barbarie,à la délinquance généralisée,à la voyoucratie.L'Etat maintient l'ordre nous assure-t-on en interdisant par exemple aux enseignants de participer à la campagne présidentielle (dans l'Académie de Lille)contre tous les principes fondateurs de la démocratie.L'Etat serait bien inspiré de permettre aux personnels d'éducation de remplir correctement leurs missions de service public sans être soumis aux menaces & injonctions des voyous.Oui à l'éducation nationale pour tous dans l'Etat de droit et non pas hors de l'Etat de droit !

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